Another One Bites The Dust

Hard Rock, 1990's

Another One Bites The Dust

Avec la mort de Freddie Mercury, c'est l'un des plus grands groupes desvingt dernières années qui disparaît. Un groupequi, partant du hard-rock, a su imposer son propre style, un style oùla démesure — mais également l'humour — était de mise. On pourrait en dire autantau sujet de son leaderqui, non seulement demeurera l'une des plusgrandes voix du rock mais également unpersonnage haut en couleur et un performerhors-pair. Hard-RockMagazine se devait de rendre hommage à cette grande figure du rock en retraçant les principalesétapes de la fabuleuse carrière de Queen.

Mous venons de perdre le plus grand et le plus aimé des membres de notre famille”, Brian May, Roger Taylor et John Deacon. " C'est une tragédie. J'admirais Freddie en tant que performer mais aussi pour son honnêteté à admettre ce sida qui le rongeait. Une très grande tristesse", Phil Collins. "Sa contribution à la pop-music avec Queen fut énorme ”, David Bowie. " Freddie faisait partie de cette élite restreinte de showmen capables à lui seul de mettre en feu tout un stade. Comme ses millions de fans à travers le monde, sa voix exceptionnelle et son charisme scénique me manqueront”, Francis Rossi (Status Quo).

La retenue des réactions ci-dessus recueillies à chaud après la disparition de Freddie Mercury, à l'âge de quarante-cinq ans, le 24 novembre dernier, pourra surprendre. Leur sobriété n'a d'égale que le retentissement de l'annonce de celle-ci et l'affection que portaient les différents protagonistes à cette figure emblématique du rock des vingt dernières années.

Soyons francs. Ce n'est pas tant la nouvelle de ce décès qui a surpris mais bien son aspect inéluctable, brutal, et sa portée symbolique. Première rock-star d'envergure universelle à quitter officiellement le devant de la scène à cause du sida (si l'on fait abstraction des rumeurs concernant Miles Davis qui restent aujourd'hui encore du domaine de l'hypothétique), Mercury sera parti comme il avait vécu : en marquant les esprits.

Le mal incurable qui allait avoir raison du chanteur de Queen était connu de tous, ou à peu près, et ce bien avant son aveu solennel, moins de 24 heures avant son issue fatale. Depuis la décision de décliner la moindre offre de tournées futures en 1986 (alors que ces dernières représentaient l'essence même de l'identité Mercury) jusqu'aux plus récentes photos ou vidéos trahissant un amaigrissement alarmant du vocaliste auxquelles viendront s'ajouter le douloureusement prophétique single “ The Show Must Go On ”, il n'était guère utile de faire preuve d'une imagination débridée pour présager l'inexorable.

provocateur

Freddie Mercury n'avait jamais fait mystère de son homosexualité, avouant même avoir connu sa première expérience en la matière dès l'âge de quinze ans. De déclarations fracassantes ("J'ai certainement eu plus d'amants qu'Elisabeth Taylor ") en travestissements vestimentaires racoleurs, il s'en jouait même volontiers et, pour tout dire, on se foutait “ royalement” d'un tel choix, à l'exception d'une certaine presse-caniveau britannique toujours avide de colporter immondices en tout genre à son propos.

Oui, on aimait Mercury pour ses extravagances, son goût immodéré pour ses accoutrements volontairement provocateurs (jarretelles, perruques et maquillages outranciers...) ou son sens de la démesure comme les festivités de son quarante et unième anniversaire, en 1987, où il conviait quatre-vingts de ses amis à Ibiza en leur affrétant un DC9 pour une soirée orgiaque où se mêlaient danseurs de flamenco, feu d'artifice princier (inscrivant son nom en lettres de feu dans le ciel ibérique) et gâteau d'anniversaire haut de six mètres porté par autant de serveurs vêtus d'or et de blanc. On aimait cette obsession flamboyante, ce ton délibérément théâtral car, à la différence de certains, il sonnait vrai (sans pouvoir prétendre qu'il l'était pour autant) et était pleinement assuré. On aurait néanmoins tort de réduire l'importance de Mercury à cette simple débauche de mises en scène et d'excentricités hautes en couleur.

smile

Né Frederick Bulsara à Zanzibar (île de l'Océan Indien, ancien protectorat britannique avant de devenir partie du territoire de la Tanzanie africaine), le 5 septembre 1946, de parents descendants de la Perse antique (et membres de l'ances-trale secte Zoroastrian considérant l'homosexualité comme une pratique “impropre”), Mercury passe une partie de son enfance en Inde (Bombay). Il y connaît les “ affres ” du pensionnat avant que toute la famille n'émigre pour la mère patrie, en l'occurrence Feltham dans le Middlesex(i), en 1959, s'installant à moins de cent mètres du domicile d'un autre adolescent qui fera lui aussi son chemin : Brian May (les deux gaillards mettront dix ans pour se rencontrer !).

Le jeune Bulsara étudie alors les Beaux-Arts et se “ compromet ” dans un blues-band local nommé Wreckage, sans répercussion aucune. Il part ensuite à Londres pour travailler dans divers étalages de fringues au marché de Kensington où il fait la connaissance de Roger Taylor, alors étudiant à la London University et accessoirement batteur au sein du groupe Smile, où sévit également Brian May, lui aussi élève de la London University (après avoir caressé l'espoir de devenir... astronome spécialiste des techniques infrarouges !).

Mercury assiste à plusieurs concerts de Smile, n'hésitant pas à y aller de ses petits conseils. “ // était de plus en plus assidu à nos prestations et il n'était pas question de prendre ses suggestions à la légère ! "Pourquoi perdez-vous autant de temps à faire ceci ou cela ? Soyez plus originaux, plus démonstratifs, mettez un peu plus de conviction et de force dans votre musique, c'est en tout cas ce que je ferais si j'étais votre chanteur", insistait-il. A l'époque, son expérience du chant était pourtant minime et nous ne savions rien de ses capacités en la matière. On pensait même qu'il n'était qu'un théoricien de la musique”, se souvient Brian May. Smile ne subsistera pas très longtemps, le départ du bassiste Tim Staffell (colocataire d'un appartement avec Freddie) précipitant sa fin.

Début 1970, les premières ébauches du futur Queen commencent à prendre forme, plusieurs bassistes défilant sous les yeux du trio Mercury-May-Taylor avant que John Deacon ne soit recruté par le biais de petites annonces. Le sort en est scellé. En avant pour Queen, subtil patronyme à double entrée (le terme désignant tout à la fois la reine et les travestis d'âge mûr !). “ Ce nom fut principalement l'idée de Freddie. Je n 'étais pas très chaud au départ, pas plus que Roger (Taylor), ma/s c'était le plus frappant; dans un sens, celui qui avait le plus d'arguments parmi la centaine que nous avions avancés. De par sa connotation mystique et ambiguë, il était celui le plus à même d'attirer l'attention et de frapper l'imagination. Nous l'avons donc gardé!" reconnaîtra Brian May.

Le groupe donne son premier concert en février 1971 au College Of Estate Management et enchaîne par une tournée des clubs et des pubs, sans abandonner pour autant ses diverses activités annexes : May persiste dans sa quête d'un doctorat, Taylor bachote sa licence de biologie, Deacon “s'improvise” enseignant et Mercury s'attelle tant bien que mal à poursuivre les cours des Beaux-Arts et débite toujours ses stocks de frusques sur les marchés londoniens. Après quelques démos au DeLane Lea Studios, le groupe se voit proposer un contrat de management avec Trident Audio Productions et enregistre son premier album aux studios du même nom, avant même que ne soit signé le contrat avec EMI en novembre 1972 (l'album ne sortira qu'en juillet 1973). Malgré le single “ Keep Yourself Alive ”, l'accueil est des plus mitigé, cequi n'empêche pas Queen de partir en tournée, ouvrant pour The Sparks en Angleterre et pour Mott The Hoople aux USA.

L'ASCENSION DU TRÔNE

1974 sera plus prolifique. En mars sort Queen II dont le succès n'est pas sans rapport avec la réputation scénique que le groupe est en train d'acquérir avant que le second single, “ Seven Seas Of Rhye ”, ne vienne enfoncer le clou, grâce à un passage au sacro-saint Top Of Thé Pops où le groupe doit combler au pied levé le vide laissé par la non-réception du nouveau film promotionnel de David Bowie, au grand dam des programmateurs de la BBC furieusement... “ under pressure " ! Quoi qu'il en soit, Queen II marque le vrai début de la facture du quatuor. Brian May : “ Cet album représentait une émotion musicale que nous espérions être capables de concrétiser. Ce fut donc notre première expérience dans le pur travail de studio. Nous voulions essayer de pousser les techniques de studio vers de nouvelles limites pour un groupe rock. et ce à un point tel que nous pouvions littéralement voir à travers la bande d'enregistrement tant il y avait d'overdubs ! "

La tournée américaine prévue pour le printemps est annulée, Brian May étant victime d'une crise d'hépatite. C'est encore convalescent qu'il participe à l'écriture et à l'enregistrement de Sheer Heart Attack. qui sort en novembre et permet à Queen d'être sacré groupe de l'année par le Melody Maker. en février 1975. Le groupe en profite pour changer de management, abandonnant Trident au profit de John Reid, qui s'occupe déjà des intérêts d'Elton John.

couronnement

En mai de la même année, Queen commence les enregistrements d'un nouvel album dans six studios différents, pour ce qui reste peut-être encore aujourd'hui la pierre angulaire de la discographie du groupe, A Night At The Opera, emmené par le désormais titre-symbole “ Bohemian Rhapsody ”. “ Ce fut vraiment le bébé de Freddie depuis les prémices de sa confection. Il savait exactement ce qu 'il voulait, en avait composé la moindre harmonie. Idem pour la trame basique piano-basse-batterie, la texture vocale ou les parties de guitare, même s'il me laissa toute liberté à ce niveau. Il en a contrôlé la structure de A à Z", se souvient Brian May.

Mercury était-il aussi sûr de son fait ? D'autres avis pourraient laisser penser le contraire, comme l'atteste l'un de ses amis proches, le DJ londonien Kenny Everett : "// m'a appelé un soir en me disant qu'il venait de terminer un titre de plus de huit minutes et qu 'il ne savait pas ce qu'il fallait en penser et si cela serait un hit. Je l'ai invité à passer chez moi pour lui donner mon avis. Il a mis ce "truc" dans mon magnéto et j'ai vraiment eu un choc. Et lui qui paraissait hésitant ! Je n'en croyais pas mes yeux! C'était comme si Mozart avait pensé. "Mon concerto de clarinette a-t-il une chance d'être entendu ?"."

Ce sera d'ailleurs grâce à Kenny Everett, qui diffusera plus que de raison “ Bohemian Rhapsody ” dans son émission sur Capitol Radio, que ce titre trouvera un public conséquent, EMI se montrant alors plutôt frileux pour commercialiser un pavé de cette longueur ! Le single restera pourtant neuf semaines consécutives en tête des charts, établissant alors un nouveau record. Un succès renforcé par le film promotionnel qui lui fait suite, considéré depuis comme le tout premier vidéo-clip digne de ce nom. La machine s'emballe, Queen accumulant les dates de concert à travers la planète avec des shows de plus en plus spectaculaires, tant au niveau des décors de scène que des “ exactions ” de Freddie Mercury qui a tout le loisir de laisser libre cours à son imagination, question costumes et dépense physique.

CHAMPIONS OF THE WORLD

Toutes les conditions sont donc réunies pourque l'album suivant génère les réactions les plus... mitigées ! La presse britannique, excédée par la renommée planétaire du groupe et par ce qu'elle croit déceler chez Freddie Mercury comme de l'arrogance, ne rate pas l'occasion pour y al 1er de ses considérations acides. Queen se “ permet ” d'annuler à la dernière minute sa participation à l'émission TV “ To Day ”, EMI les remplaçant par un groupe fraîchement signé. The Sex Pistols, dont le comportement sur le plateau ne manquera pas non plus de provoquer moults commentaires! A DayAt TTie flaces sort donc en janvier 1977 sans que la vague punk naissante ne lui porte trop ombrage puisqu'il s'installe d'emblée numéro un des charts albums UK.

On est pourtant loin de la razzia de l'exercice précédent, ce que justifie Brian May : “ Nous aurions dû sortir les deux albums en même temps car les titres composant l'un et l'autre furent plus ou moins écrits au même moment et ils correspondaient à une période globalement identique de notre développement. Il était donc logique de faire entre eux un parallèle. Le fait que l'un vienne après l'autre était une aberration car Day At The Races fut perçu comme une suite de Night At The Opera alors qu'il n'en était que le prolongement. ” S'ensuit alors une période de relatif silence de la part du groupe, boycottant la presse car lassé des attaques répétées de celle-ci à son encontre.

En juillet débutent les premières sessions de News Of The Worid, son plus gros succès en France grâce notamment aux singles “We Are The Champions” et “ We Will Rock You ”. On s'étonnera alors de constater que Freddie Mercury ne soit pas plus impliqué dans l'écriture des titres, laissant ainsi planer d'insidieuses rumeurs quant à son avenir au sein du groupe. “ Rien de tout ça n'était vrai. Freddie ressentait seulement le besoin de d'intéresser à d'autres choses et s'ennuyait un peu en studio, et ce pour la simple et bonne raison que nous y avions passé un temps anormalement long pour les deux albums précédents. Il se sentait improductif, ce qui ne l'a pas empêché de nous pondre "We Are The Champions" notamment!" précisera Brian May. Le désir de sortir du carcan Queen semble d'ailleurs contagieux puisque Roger Taylor a déjà sorti un premier album solo, / Wanna Testify (juillet 1977).

Après la tournée de rigueur, Queen se retrouve en juillet 1978 à Montreux (Suisse) pour les enregistrements de Jazzqui s'étalent sur plus de trois mois. C'est la première fois que le groupe confectionne un album hors de son Angleterre natale sans que le résultat en soit particulièrement satisfaisant aux dires de ses concepteurs. On retiendra les très racoleurs “ Fat Bottomed Giris ”, “ Bicycle Race ” et son cortège de cyclistes féminines nouvelle vague, aux combinaisons plus que minimalistes (le poster fourni aimablement avec la galette se transformant bien vite en décoration murale dans les chambres des adolescents d'alors, votre serviteur n'échappant pas à la règle).

Pour attaquer sa deuxième décennie le mors aux dents, Queen s'offre en 1979 une pause créative néanmoins comblée par le double Live Killers, seyant témoignage de la puissance dégagée sur scène par nos altesses et qui demeure, aujourd'hui encore, l'un des albums les plus appréciés des aficionados du groupe.

modernité

Les années 80 commencent et Queen ne s'en laisse pas compter, désireux de surprendre. “Crazy Little Thing Called Love ” a déjà annoncé la couleur par son clin d'oeil à Elvis Presley. The Game confirme les premières tendances : retour à plus de simplicité, comme le confirmera Brian May : “ Nous cherchions un angle nouveau pour cet album, avec l'idée de tailler dans le vif et d'élaguer plutôt que de laisser nos imaginations foisonnantes alourdir le cadre de base. C'est là encore une initiative de Freddie qui pensait que nous avions jusqu'ici fait preuve d'une telle diversité que le public ne savait plus trop à quoi se raccrocher concernant Queen. Il nous a donc fallu nous restreindre à une certaine discipline. ce qui était nouveau pour nous, mais finalement utile, offrant ainsi à l'album une certaine modernité”.

Concept de modernité renforcé par l'utilisation de synthétiseurs, une première là aussi, surtout de la part d'un gang qui avait fait, jusqu'alors, sa fierté de tout refus de compromission avec les vilaines bébêtes en question. Brian May toujours :

"Leur adoption a découlé de l'album Flash Gordon sur lequel nous travaillions dans le même temps. Roger en est le principal instigateur et responsable! Nous venions de comprendre le pi us que pouvait apporter des synthés sans qu'ils prennent le dessus pour autant ! " Ce re-virement s'avère salutaire, les singles “ Play The Game” et le très disco à la mode Chic “ Another One Bites The Dust ” venant le confirmer sans tarder.

Queen s'embarque alors dans une tournée en Amérique du Sud (Argentine, Brésil) qui devient à partir de là son jardin privé, avec en point d'orgue les cent trente et un mille spectateurs de Sao Paulo en février 1981. Avril voit la sortie du deuxième album solo de Roger Taylor {Fun In Space) avant que le single “ Under Pressure ”, en duo avec David Bowie, ne vienne clore l'année en beauté, offrant à Queen son premier single numéro un dans les charts UK depuis “ Bohemian Rhapsody”. L'album Hot Space qui l'accompagne quelques mois plus tard (juin 1982) laisse de marbre, ce qui n'empêche pas Queen de poursuivre un périple mondial conséquent. En 1983, le groupe s'octroie une année sabbatique qui offre à Brian May une escapade le temps d'un mini-LP au sein du Star Fleet Project aux côtés d'Eddie Van Halen.

Le “ retour aux affaires” l'année suivante n'en sera que plus fascinant avec l'étonnant “ Radio Ga Ga ”, préfigurant le notoire The Works, plus grosse vente du groupe en Grande-Bretagne après le Greatest Hits de 1981, et dont “ l Want To Break Free” confirmera l'embellie. Ce dernier titre deviendra le nouvel hymne officiel de l'ANC sud-africaine, pour la plus grande satisfaction du groupe sévèrement critiqué suite à une série de concerts à Sun City en août de la même année (Queen figurera sur la liste noire des autorités culturelles des Nations Unies). En octobre apparaît “LoveKills”, premier single en solitaire pour Freddie Mercury (extrait de la BO de la nouvelle version du Metropolis de Fritz Lang). Orientation confirmée sept mois plus tard (mai 1985) avec l'album Mr. Bad Guy. non sans qu'au préalable Queen ait triomphé en janvier au “ Rock In Rio ”. Le groupe est pourtant sujet à des conflits internes et une dissolution est à nouveau évoquée. Le concert du Live Aid (13 juillet 1985) leur procure pourtant un bain de jouvence, un enthousiasme nouveau qu'ils n'espéraient plus. Cette “ révélation ” leur inspire le single “ One Vision ” et l'album A Kind Of Magic (juin 1986), dont on retrouve plusieurs titres sur la BO du film Highiander. Après un énième passage au Wembley Stadium, Queen se produit à Budapest devant quatre-vingt mille personnes, concert filmé et enregistré (qui donnera lieu à l'album Live Magie). A noter que cette visite en Hongrie est la première prestation locale d'un groupe occidental depuis celle de Louis

Armstrong en... 1964 ! La tournée, qui s'avérera être la dernière, s'achève par une participation au Knebworth Festival le 9 août.

THE SHOW MUST GO ON

Les deux années suivantes (1987-88) verront encore le groupe s'éparpiller. Roger Taylor fondant The Cross et prouvant par là-même que la guitare n'était pas chez lui qu'un simple défouloir tandis que Freddie Mercury y allait d'une reprise remarquée du standard des Platters, “ The Great Pretender”, avant de “ s'accoupler” avec la cantatrice espagnole Montserrat Caballé pour un “ Barcelona” choisi comme hymne officiel des jeux Olympiques dans la cité catalane l'été prochain.

Il faudra donc attendre 1989 pour découvrir le seizième album de Queen, Thé Miracle, marquant un retour aux guitares tranchées et une direction ostensiblement heavy. Bien qu'inégal, ledit album renferme quelques singles non négligeables (“ l Want It All ”, récupéré depuis par un consortium automobile germano-espagnol, “Breakthru” ou “The Invisible Man ”). Le groupe paraît plus soudé que jamais, au point de signer communément tous les titres, ce qu'il n'avait jamais fait auparavant.

En février 1990, Queen annule à la dernière minute sa participation aux BRITS Awards et certaines photos parues dans la presse britannique laissent percevoir un Freddie Mercury singulièrement amaigri. Les rumeurs d'un sida contracté par le vocaliste se font de plus en plus insistantes. Il rejoint cependant ses acolytes en studio à l'automne pour les sessions de Innuendo, qui sort en mars 1991 dans la foulée du single de six minutes du même nom en qui on voit un peu trop vite une resucée de “ Bohemian Rhapsody ”. Les vidéos qui viennent illustrer les différents singles (“ Innuendo ”, “ Headiong ” et le dernier en date “ The Show Must Go On ”, kaléidoscope survolant vingt ans de carrière à travers les clips précédents) ne laissent plus de place au doute, pas plus que l'annonce d'un Mercury cloîtré dans son appartement de Kensington depuis plusieurs mois. Le 24 novembre au soir tombera la douloureuse confirmation de nos inquiétudes. "Je ne m'attends pas à faire de vieux os, déclarait un jour Freddie Mercury. Mieux encore, ça ne m'intéresse pas. Je m'imagine difficilement vivre jusqu'à soixante-dix ans. Je m'emmerderais ! "Pour une fois, on aurait apprécié que le destin se plaise à le contredire.

Xavier BONNET


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